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    Pique-nique à Guyancourt pour dire Non au Grand Paris!

    Dimanche 10 juillet à partir de 12 h 30 plus de 100 personnes sont se sont rassemblées sur la butte située juste derrière le Technocentre Renault à Guyancourt d’où la vue sur les terres agricoles de la Minière est superbe pour contester l’annonce par l’Etablissement public Paris Saclay de l’urbanisation d’une partie de celles-ci.

    Adhérents d’Europe Ecologie du Plateau de Saclay ou des vallées l’entourant, sympathisants, mais aussi citoyens soutenant la préservation de ces terres destinées à l’agriculture ont pris l’apéro avec des représentants d’associations partageant la même volonté de conserver une agriculture de proximité. Quelques uns sont venus de loin pour témoigner des convergences fortes avec ce qui  se passe dans le  Val d’Oise, où des terres agricoles sont menacées dans le triangle de Gonesse par un projet d’hyper centre commercial,  dans le Val de Marne où des jardins familiaux risquent de disparaître, etc…

    En présence de Michel Vampouille, ancien Vice président de l’Environnement au Conseil Régional et de Ghislaine Sénée, conseillère régionale, Alain Lipietz, ancien député européen, et candidat dans le Yvelines sur la circonscription de Poissy, a fait un discours qu’il a qualifié lui-même de « Churchilien » eu égard à l’importance du combat que nous menons sur ce territoire du Plateau de Saclay devenu « Sarko Land », et dont « nous serions la pointe de la résistance » !

    Quelques moments de l’intervention d’Alain Lipietz :

    Un brin d’humour, quand Alain a rappelé qu’il avait travaillé lui-même, il y a 25-30 ans, avec Pierre Veltz (qui est actuellement le président de l’Établissement Public Paris Saclay), engagés avec quelques économistes dans une remise en cause du modèle de la compétition mondiale des mégalopoles ; mais aujourd’hui Alain Lipietz s’est amusé de constater combien le chemin de P. Veltz s’est éloigné du sien…

    Force et détermination,  pour dénoncer la logique même du Grand Paris, avec ses déplacements massifs de population devant se rendre dans des pôles hyperconcentrés d’emplois, ces clusters qui capturent les emplois et la croissance au détriment des autres territoires de la région, au détriment des autres régions, et augmenteront ainsi les inégalités.

    Pédagogie, quand il a rappelé que même dans la logique d’une économie de marché mondialisé, notre partenaire outre-Rhin, qui n’a pas créé de mégapole est un puissant contre-exemple, qui fait la démonstration que la compétition mondiale des mégalopoles est une fausse nécessité.

    L’étude sur les villes Européennes montre que l’écart est très important entre Paris et Lyon, Marseille et Toulouse, alors que Berlin, Munich, Cologne, Francfort, Düsseldorf, Hambourg sont très proches dans leur développement ; il en est de même pour Madrid et Barcelone, ou Milan et Rome.

    Quant à la modeste Amsterdam (34 ème rang pour la population) elle rivalise en termes de rayonnement avec Madrid et Milan, juste derrière Paris et Londres.

    Cette étude démontre que ce n’est pas la taille de la métropole ni l’importance de sa population qui en font la réussite économique.

    Des arguments de poids quand Alain Lipietz a également montré que :

    • les grandes écoles, y compris celle dont il est issu (Polytechnique) en venant sur le Plateau sont encore moins ouvertes aux évolutions des défis climatiques que les établissements parisiens par leur consommation d’espace appartenant à d’autres secteurs économiques, par leur coût carbone et par les déplacements générés, etc…
    • déplacer l’ENS depuis Cachan, ou la fac depuis Sceaux, ou Paris XI (Orsay) du fond de la vallée sur des terres agricoles parmi les plus fertiles de France est une aberration en cout humain, financier, environnemental
    • le pire est représenté par le projet de déplacement des bureaux de  l’AgroParisTech dont des locaux à Plaisir ont été rénovés il y a 3 ans (et inaugurés en catimini), alors que les 65 ha cultivés expérimentalement dont les chercheurs ont besoin pour leurs recherches resteront bien sûr à Plaisir, ce qui obligera les chercheurs à faire régulièrement le trajet en sens inverse !
    • les coopérations école/recherche/industrie ont déjà lieu lorsqu’il existe un vrai tissu humain, culturel, social ; à l’opposé de déplacements autoritaires, le gage de réussite c’est que les gens s’agrègent volontairement par affinités et possibilités économiques de travailler ensemble. On est bien loin de  l’effet « machine à café » cher à Valérie Pécresse qui serait à lui seul garant des futures coopérations entre les uns et les autres.

    Gravité, quand Alain Lipietz a rappelé l’importance de préserver, à l’époque où la Chine, l’Arabie Saoudite achètent des terres agricoles à Madagascar, en Afrique ou en Amérique du sud, une agriculture de proximité générant peu de gaz à effet de serre, et de protéger comme la prunelle de ses yeux toutes les terres agricoles et en particulier celles qui sont à proximité des centres urbains (qu’on appelle dents creuses quand on veut les urbaniser) afin de lutter efficacement contre le réchauffement climatique, la crise alimentaire qui se profile, et favoriser au maximum les circuits courts et la reconversion au bio pour une meilleure santé.

    Tout ceci existe déjà sur le plateau de Saclay et devrait être valorisé économiquement.

    Or l’Etat comme les intercommunalités concernées par ce territoire continuent  à le considérer comme un lieu disponible pour une extension d’urbanisation : actuellement 2680 hectares sont cultivés sur le plateau de Saclay et il n’est prévu de conserver que 2300 hectares strictement permettant ainsi l’urbanisation de près de 400 hectares notamment ici sur les terres de la Minière et à l’extrémité sud/est du plateau là où une jeune agricultrice veut s’installer prochainement.

    Les journalistes des Nouvelles de Versailles et du Parisien ont couvert l’événement. L’ambiance détendue, le soleil, l’apéro le plus bio possible, puis un pique-nique ont aidé à faire de cet évènement un excellent souvenir de fraternité militante, et de solidarité avec les agriculteurs du plateau, tout en rappelant au Président de l’EPPS qu’EELV Plateau de Saclay est déterminé à préserver cette zone de la Minière tout autant que l’extrémité sud/est lieu d’installation prévu pour la jeune agricultrice.

    Pourquoi donc détruire ces terres fertiles ? pour favoriser l’extension du Technocentre alors qu’environ deux tiers des terrains de Renault sont occupés par des parkings en surface qui pourraient être densifiés ? En tout cas aucun autre projet ne semble exister à ce jour qui justifie l’urbanisation de ces terres.

    Ces terres agricoles sont fertiles, économes en eau, les agriculteurs veulent y vivre et sont en train de se reconvertir vers du bio, ou du maraichage, ou des circuit-courts, évitant des transports, producteurs de gaz à effet de serre…investissons pour l’avenir en gardant nos terres agricoles !

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