Ils sont de plus en plus nombreux à rejoindre les rangs des « Guerrilla Gardeners ». Armés de pelles et de râteaux, ces activistes ont décidé de réintroduire des espaces verts par la force dans nos cités.
Le « Guerilla Guardening », ou jardinage illégal, est né aux Etats-Unis à la fin des années 70 lorsqu’un groupe baptisé les « Green Guerrillas » a converti une zone abandonnée de Manhattan en jardin communautaire.
Récupéré il y quatre ans par le Londonien Richard Reynolds, le mouvement de rébellion mi-écologique mi-esthétique fait maintenant des émules dans le monde entier. A Rome, Dublin ou Cape Town, des citadins en mal de nature refleurissent les espaces urbains à l’abandon en y replantant des fleurs ornementales ou sauvages.
Les plus audacieux de ces militants-jardiniers investissent de nuit les terre-pleins du réseau routier, jouant à cache-cache avec la police. Les moins téméraires se baladent simplement avec un paquet de graines qu’ils sèment discrètement sur le chemin du travail.
« Neuf mille Guerrilla Gardeners du monde entier sont inscrits sur mon site »
Richard Reynolds, 32 ans, est publicitaire en freelance. Londonien originaire de la région rurale du North Devon, il a lancé le blog des Guerrilla Gardeners en 2004.
Avant que je lance mon blog, les Guerrilla Gardeners existaient, mais il s’agissait d’initiatives dispersées. Le site a permis de connecter les activistes entre eux. Moi, je collecte des informations, je donne des idées, comme la recette du ‘seed bombing‘ qui permet de faire pousser des plantes dans les lieux difficiles. Aujourd’hui, 9 000 Guerrilla Gardeners du monde entier y sont inscrits.
Notre démarche peut parfois devenir politique. Lors de notre dernière action, lundi, une soixantaine d’entre nous se sont retrouvés à l’aéroport d’Heathrow pour une journée de jardinage. C’était notre moyen de dire non à l’expansion de la zone de l’aéroport. Avec des militants de Greenpeace, nous avons planté des fleurs récupérées après le salon de l’horticulture de Chelsea pour les replanter devant l’aéroport.
Le plus souvent, les policiers nous ignorent. Mais il arrive que l’on prenne des amendes ou qu’on nous empêche de filmer notre travail. Jusqu’à présent, la police n’a jamais détruit nos plantations. Nous nous concentrons sur les espaces à l’abandon, donc les propriétaires n’ont pas vraiment de raisons de déterrer nos plants. Mais deux de mes jardins ont disparu, un à cause d’une reconfiguration de la route, l’autre après la construction d’un nouveau bloc d’immeubles. »
Les racines du phénomène
Le jardinage clandestin est une pratique centenaire dont les origines sont difficiles à établir. Selon David Tracey, elle a fait sa première apparition dans les livres d’histoire il y a plus de 300 ans, alors que le Britannique Gerrard Winstanley, à la tête des Diggers (les «Bêcheurs»), défendait le droit de travailler la terre sans le consentement des propriétaires terriens et sans leur payer de redevances. Le groupe cultivait les terres inutilisées des nobles autour de Londres pour nourrir les démunis.
Le manifeste laissé par les Diggers a semé le germe de la résistance chez certains environnementalistes américains qui s’en sont inspirés, dans les années 1960, pour revendiquer un terrain vague près de l’Université de Berkeley, en Californie. Ce n’est qu’en 1973 que le mot «guérilla» s’est greffé aux préceptes d’une rébellion horticole. L’artiste new-yorkaise Liz Christy a alors fondé le groupe Green Guerillas et converti un lot abandonné de Manhattan en un jardin communautaire, dont la vocation demeure inchangée à ce jour.
La guérilla jardinière s’est propagée aux quatre coins du monde, mais sa trajectoire anarchique et underground la rend difficile à cerner. Certaines factions, craignant les arrestations, agissent dans l’anonymat. Le mouvement n’a ni leader ni marche à suivre et ses objectifs varient selon les interventions. Pour ceux qui ne mangent pas à leur faim, la revendication du droit à la terre prend une signification politique. Dans les pays plus riches, elle relève plutôt d’un souci environnementaliste.
On peut déjà rejoindre l’embryon de groupe qui existe déjà à Paris et à Toulouse.
Source : observers.france24.com
A voir également :
Blog Guerrilla Gardening Paris
jardins.wordpress.com/2006/09/25/guerrilla-gardening
jardinpotagerurbain.wordpress.com/author/jardinpotagerurbain




















redpoppy
24/06/2009
Bonjour aux guerrilleros, un forum vient de se créer pour le pays de Bretagne. Nantais et Bretons venez y faire un tour. Voici le forum http://guerrilla-gardening.allgoo.us/forum.htm.